BRUNO, en solitaire à l’INSEP

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A dix-neuf ans, Bruno Mourniac est une bizarrerie. L’Antibois est en effet  le seul à pratiquer la voile en… plein bois de Vincennes, à l’INSEP. A cheval entre terre et mer, ce navigateur tangue entre ses études à Sportcom et ses stages en Bretagne.

On s’est donné rendez-vous près du lac de Daumesnil, histoire de ne pas trop le dépayser. Il est environ dix heures du matin quand il s’approche, grand sourire ouvert au vent et allure décontractée. Bruno est par définition le portrait craché du voileux : longiligne, des cheveux en bataille rejetés vers l’arrière, et de grands yeux couleur océan. Pourtant, à l’INSEP, il est comme une île perdue sur terre. Du moins, le croit-on…

Bruno, comprenons-nous, l’INSEP, c’est plutôt loin de la mer. Quel vent t’a poussé jusqu’au bois de Vincennes ?

« Il y a un an, j’ai intégré des équipages professionnels qui s’entraînent en Bretagne ou en Normandie. Paris est proche de tout. Depuis que j’ai commencé ma formation à l’INSEP à l’automne dernier, je peux poursuivre mes études de journalisme et être à proximité de mes lieux de stage. »

Comment s’organise-t-on quand on fait de la voile à haut-niveau tout en étant loin du littoral ?

(Il passe sa main dans ses cheveux, perplexe) « C’est assez compliqué… Je poursuis mes entraînements physiques dans les locaux de l’INSEP et je pars régulièrement en stage. Les week-ends me permettent aussi d’aller m’entraîner. »

Tu es donc le seul à pratiquer cette discipline à l’INSEP. Es-tu frustré de ne pas pouvoir partager ta passion avec d’autres voileux ?

« Non, pas vraiment. Avant l’INSEP, j’ai passé trois ans en sport-étude à Antibes. Dans ma classe, il y avait des basketteurs, des nageurs, des gymnastes ou encore des golfeurs. J’ai toujours eu l’habitude d’être avec d’autres sportifs et je pense que c’est justement une expérience enrichissante. »

Tu as grandi avec le soleil, la plage et la Méditerranée. Est-ce que cela a influencé ton début de carrière ?

« Oui, c’est sûr que ça a joué un rôle. Mais je pense que le facteur majeur est mon père. Il est aussi sportif de haut niveau en voile. Forcément, ça inspire ! Du coup, je navigue depuis l’âge de six ans. On peut dire que je commence à m’y connaître (il rit). »

Sur quel type de bateau navigues-tu ?

« Je suis sur différents supports. Mon activité principale est le « MatchRacing », il s’agit de confrontations en un contre un sur des petits parcours. Ce format de course nécessite des bateaux légers et très maniables. On appelle cela des « Quillards de sport ». Ils ont une coque plutôt ovale et de grandes voiles. Ils mesurent entre huit et douze mètres. On peut être quatre à six navigateurs dessus. »

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Quelles sont les trois meilleures qualités pour un voileux ?

« Cela dépend des postes et du bateau. Etant donné que je suis situé à l’avant du bateau, mes conditions de travail sont très instables. L’agilité et la technique permettent une vraie plus-value. Bien sûr, la vision et l’analyse du vent restent primordiales pour gagner une compétition. »

Qu’est-ce que tu ressens quand tu glisses sur l’eau ?

« C’est un véritable sentiment de liberté, une bouffée d’air frais. La vitesse est une sensation hors du commun, qui plus est sur l’eau. Et puis depuis que je navigue, je découvre toujours plus de paysages magnifiques ! »

Sur quelles mers se joueront tes prochains challenges ?

« Cette année, la plus grosse échéance est le Tour de France. Même principe qu’en vélo mais… sur l’eau ! Je naviguerai donc sur tout le littoral français et j’ai vraiment hâte. Je participe également au Mondial jeunes de « MatchRacing » en Irlande en septembre prochain, ainsi qu’à des étapes du circuit professionnel partout à travers le monde. »

Maxine EOUZAN

 

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