Gros braquée sur Tokyo

GROS (1)

Nourrie aux rebonds défensifs et aux shoots au buzzer depuis son plus jeune âge, Mathilde Gros (15 ans) construit son avenir sur le parquet. Mais sur deux roues cette fois. L’ancienne basketteuse de haut niveau s’est fraîchement reconvertie au cyclisme sur piste. Au sprint, l’aixoise poursuit le rêve d’une participation olympique en 2020, à Tokyo. Rencontre avec une petite perle à l’état brut.

Mathilde, tu as un parcours franchement atypique. Raconte-nous…

« J’ai intégré l’INSEP en septembre dernier, au pôle cycliste. Avant, je pratiquais le basket à Salon-de-Provence avant d’être acceptée au Pôle espoir d’Aix-en-Provence en 2012, où j’ai passé deux années. Le vélo m’est tombé dessus totalement par hasard. Un nouveau prototype de Wattbike (vélo d’intérieur équipé d’un capteur de puissance, ndlr) venait d’être installé dans notre centre d’entrainement d’Aix. Mon entraîneur m’avait alors demandé de monter dessus pour « le fun ». Mon préparateur physique, impressionné par mes résultats, a aussitôt appelé la fédération de cyclisme. En avril 2014, j’ai été convoquée à un stage à Saint-Quentin-en-Yvelines pour confirmer mes tests et apprendre à rouler sur une piste. Finalement, ils m’ont proposé d’intégrer l’INSEP, avec un projet sur six ans, qui me conduirait aux JO de Tokyo»

Ton passage du basket au cyclisme a-t-il été difficile ?

« Au début, oui. J’ai même fait une chute douloureuse dès la rentrée, le 2 septembre ! J’ai dû me faire poser cinq points de suture et observer un mois de repos. Psychologiquement, ca a été un moment très dur. La piste est un sport exigeant, impressionnant, notamment à cause de l’inclinaison de la pente. A l’INSEP, je suis soutenue par tout le monde. Cela m’a beaucoup aidé. Après les vacances de Noël, j’ai eu comme un déclic et, depuis, cela va nettement mieux, je me sens bien. »

gros

Qu’est ce qui t’as le plus marqué dans ton transfert à un sport collectif à un sport individuel ?

« Initialement, je n’aimais pas franchement le vélo. L ‘idée de passer des heures sur une selle ne me plaisait pas beaucoup. Mais sur piste, c’est différent, les efforts sont courts, un peu comme au basket. Certes, le cyclisme est un sport individuel mais je m’entraîne quotidiennement avec le reste du groupe France. Je ne me retrouve donc jamais seule. On se soutient mutuellement et cela crée une émulation. Il y a quand même un état d’esprit collectif. »

Maintenant que tu es cycliste, quel est ton objectif ?

« Cette année, je prépare les championnats régionaux en vue de me qualifier pour les championnats de France cadets. A moyen terme, pourquoi ne pas viser les Jeux olympiques de Tokyo en 2020. »

Parallèlement au vélo, toi qui as un an d’avance dans ta scolarité, quels sont tes autres projets ?

« Je suis en première S. A l’INSEP, je bénéficie d’horaires aménagés avec cinq heures de cours par jour. Evidemment, j’aimerais bien avoir mon Baccalauréat l’année prochaine pour ensuite intégrer un STAPS (Sciences et Techniques des Activités Physiques et Sportives). Plus tard, je souhaite devenir professeur de sport. »

 

Boris Zimine

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Vous pouvez utiliser ces balises et attributs HTML : <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <strike> <strong>