L’artiste qui murmure à l’oreille des arbres

Tadesky - Image à la une

Il mythifie un peu plus le Bois de Vincennes à chaque fois qu’une nouvelle ombre se dresse. Sculpteur sur troncs, Stéphane rend la vie aux bois morts.

On le retrouve à Montreuil (93), dans une ancienne biscuiterie qui, justement, semble s’émietter. La peinture murale est écaillée, le couloir débouche sur une immense salle de vie peu éclairée, ce qui ne gâche pas le charme suranné des lieux où vingt-quatre artistes sont à l’oeuvre. Un atelier grandeur nature dans lequel on pourrait chiner pendant des heures.

Stéphane, 45 ans, fait partie de ces personnes autodidactes portées par la passion. « J’ai commencé la sculpture sur bois il y a dix ans, un peu tout seul », se remémore l’artiste. « Auparavant, je travaillais le béton. Puis, progressivement, l’envie de m’attaquer à de gros volumes de bois m’a intéressé. »

Dessinateur pour des courts-métrages destinés aux enfants – « mon premier métier, celui qui me permet de manger » -, Stéphane va alors tester sa curiosité à proximité. « Le mieux était de m’exercer sur un tronc d’arbre. J’ai donc commencé à sculpter au bois de Vincennes il y a deux ans et demi. »

Un dragon, une chouette, un masque…

 Fafnir1

L’artiste compte maintenant plusieurs « signatures » (sa griffe est un tampon représentant un… lézard) dans les bois de Vincennes. « Le fait d’être dessinateur m’aide beaucoup à visualiser mes prochaines sculptures. C’est une étape nécessaire pour sculpter », creuse Stéphane, qui précise ne travailler qu’à la main pour être « proche » de son travail réalisé uniquement sur des chênes ou des frênes en raison de leurs fibres. 

DSC_0025

Sa  première réalisation, sur un tronc d’arbre mort, est un gisant en relief surmonté de deux cornes. D’après Stéphane, il aurait été vandalisé au bout d’une semaine. Une corne a été arrachée. « L’été dernier, j’ai accompli une oeuvre beaucoup plus visible: une demi-sphère au coeur d’un tronc rehaussé par un oeil de cyclope. Ensuite, j’ai travaillé sur un arbre foudroyé » sur lequel il a représenté un masque ressemblant étrangement aux statues de l’île de Pâques. « J’ai également reproduit un dragon et une chouette sur troncs », complète-t-il.

Ce graffeur fou des bois a toutefois fini par se faire repérer… « Effectivement, j’avais peur d’avoir des problèmes avec la mairie ou les responsables des parcs en sculptant sans autorisation », confesse-t-il. Mais les autorités ont été finalement bienveillantes. Désormais, Stéphane travaille en collaboration avec les ébénistes du bois pour sélectionner les arbres – couchés, debout mais qui doivent être morts – sur lesquels il peut travailler.  De l’aveu de Stéphane, sa prochaine sculpture, plus monumentale, vaudra le détour par le lac des Minimes.

En attendant voyons comment se prépare Stéphane pour partir en expédition!

 

Si vous souhaitez admirer les sculptures, voici un parcours dans les bois de Vincennes.

Erwan BENECH

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Vous pouvez utiliser ces balises et attributs HTML : <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <strike> <strong>