Maxine saute d’un sport à l’autre

Maxine en portée au cirque avec son partenaire
Maxine en portée au cirque avec son partenaire

A 19 ans, Maxine Eouzan a déjà connu plusieurs vies. De la gymnastique acrobatique au cirque en passant par le plongeon de haut niveau, portrait d’une sportive qui voltige d’un sport à l’autre.

Les larges baies vitrées invitent la lumière à plonger sur les tapis de mousse. La salle de gymnastique de l’INSEP (*) baigne maintenant dans la clarté. Dans ce lieu assourdissant d’un silence matinal, on retrouve Maxine, petit bout de femme d’un mètre soixante-deux, assise sagement dans les tribunes, comme une jeune fille bien mise, blonde et aux yeux bleus le laisserait deviner.

Cette salle de gymnastique me rappelle le premier sport de haut niveau que j’ai pratiqué : l’acrosport”, raconte-t-elle, nostalgique. L’acrosport, ou gymnastique acrobatique, une activité qu’elle a découverte grâce à son frère à l’âge de neuf ans. Une trouvaille de l’enfance qui lui a plutôt bien réussi. “J’ai très vite progressé et remporté le titre de championne de France dès ma première année avec mes deux partenaires” se rappelle Maxine. S’ensuivront une troisième place aux championnats d’Europe junior en 2009 et une cinquième place en 2010 au monde senior.

Elle doit pourtant mettre un terme à l’acrosport puisque ses “deux porteuses ont décidé de stopper leur carrière, se lamente-t-elle. C’est mon frère qui m’a dit que je ne pouvais pas m’arrêter là”. La famille Eouzan a du ressort : le papa est ancien double champion du monde de tumbling et le frérot, alors intégré à l’INSEP, pratique le trampoline. C’est d’ailleurs lui qui met sa petite soeur en relation avec l’entraîneur de plongeon de l’Institut. Un mois d’essais plus tard, Maxine se jette à l’eau.

Une tournée en août 2016

Un nouvel univers certes, mais pas inconnu. Maxou – pour les intimes – précise qu’il y a “beaucoup de similitudes entre l’acrosport et le plongeon, comme les acrobaties et les repères dans l’espace”. Pour la jeune fille, il a fallu toutefois assimiler la partie spécifique du plongeon : l’entrée dans l’eau. Moins d’éclaboussures il y a, meilleures sont les notes des juges.

Aucun trophée international n’encombre les étagères de sa chambre. Elle a malgré tout accumulé de belles performances comme des participations aux derniers championnats d’Europe (2012) et du monde seniors (2013) alors qu’elle n’est encore que junior.

Mais ces cinq années de figures pratiquées à fleur d’eau ne repoussent pas le fantôme de l’acrosport dans son esprit.

Le dieu de l’olympe l’a entendue. A l’automne dernier, elle reçoit l’invitation d’une troupe de cirque. “J’ai accepté sans hésiter car je voulais renouer avec mon premier sport”, avoue-t-elle. Une nouvelle aventure s’ouvre et ce n’est pas pour lui déplaire. “J’aime vraiment ce côté fun qu’on ne retrouve pas toujours quand on pratique un sport de haut-niveau”. Une activité qu’elle accomplit avec une totale autonomie et liberté avec son partenaire. “Si t’as envie de t’entraîner, tu t’entraînes”.

Déterminée et épanouie dans sa nouvelle vie, l’âme sportive de Maxine laisse enfin un peu de place à son côté artistique via les portés au sol ou les “mains à mains” avec son partenaire. Elle débutera une tournée en France, prévue au mois d’août 2016, avec sa troupe composée de sept autres artistes. Une occasion de se jeter dans le grand bain, hors de la piscine.

 

Alexandre Henrard

 

(*) Institut National du Sport, de l’Expertise et de la Performance

 

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