Seize ans après la tempête…

photo tempête Fanta 1

L’ouragan de 1999, sans doute l’une des plus grandes catastrophes naturelles du siècle dernier, a donné lieu à une expérience unique en matière de biodiversité au cœur du bois de Vincennes.

Une nuit d’effroi et de violence, un cataclysme. Le 26 décembre 1999, la tempête Lothar avait causé d’innombrables dégâts sur le bois de Vincennes. Sur les 997 hectares de superficie du bois, 15% des zones forestières avaient  été ravagées. Le poumon vert de Paris s’était arrêté de battre pour laisser place, au petit matin, à un spectacle de désolation. Près de huit kilomètres de sentiers, de berges de lac et de pistes cyclables étaient devenus impraticables. Et 70 000 arbres avaient été terrassés. A l’image du bois de Vincennes, c’est toute la France qui avait été touchée en plein cœur.

Peu après le dramatique incident, les interventions prioritaires ont d’abord porté sur la sécurisation des accès au bois et des bâtiments existants. Par la suite, les voies principales du bois étaient elles dégagées. Quatre ans plus tard, le réaménagement du bois de Vincennes a fait l’objet d’une charte élaborée par la ville de Paris et les collectivités limitrophes du bois. Les autorités ont en substance décrété trois axes majeurs : réhabiliter les bâtiments selon les normes de haute qualité environnementale, réduire et réguler le trafic routier, et garantir « un espace naturel de qualité offrant une diversité de milieux propice à la biodiversité. »

Et au milieu une forêt primaire…  

Sur ce dernier point, il existe au cœur du bois de Vincennes un lieu méconnu, à l’abri des regards, que l’homme ne peut fouler, hormis quelques employés municipaux.  Longeant l’avenue du Tremblay, et situé à quelques pas de la Cartoucherie et du Centre équestre, une parcelle de 4,5 hectares est interdite au public. Même à l’horizontale, à l’abandon dans un cimetière de troncs vermoulus, certains vieux chênes ont continué de pousser dans un spectaculaire enchevêtrement de racines et de branches.

A l’origine, cette parcelle avait été conservée en prévision d’une extension possible du Parc floral. Finalement, après la tempête, cet espace fut conservé à l’état sauvage, pour étudier son évolution en dehors de toute intervention humaine. Et le constat des spécialistes est saisissant : la biodiversité est devenue presque équivalente à celle d’une forêt primaire…  «Depuis le passage de la tempête, on mène une expérience sur cette parcelle-témoin, raconte Michel Munier, responsable forestier du bois de Vincennes. On évalue les espèces qui reprennent le dessus et on s’aperçoit que c’est d’une formidable richesse écologique, tant au niveau des insectes et des papillons que de la renaissance des espèces végétales. » Et Michel Munier de poursuivre : « tenez, les érables planes en ont ensemencé d’autres. Ce sont leurs enfants en fait ! »  En somme,  le bois de Vincennes, encore convalescent, est retourné à ses origines pour mieux renaître.

 

Fanta KEITA et Lucas FERRANDIER

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